Vendredi 31 juillet 2026 Newsletter Contact
Retraite & droits

Comment la pension de retraite est-elle imposée ? Fiscalité expliquée

Comment la pension de retraite est-elle imposée ? Fiscalité expliquée

Arrivé à la retraite, il est naturel de se demander comment les revenus perçus sont soumis à l'impôt. Que l’on ait travaillé dans le secteur privé ou le public, chaque pension touche différemment la fiscalité et il n’est pas toujours simple de s’y retrouver. Comprendre les règles d’imposition des pensions de retraite permet d’anticiper son budget, d’éviter les mauvaises surprises et, parfois, de bénéficier de certaines exonérations au bon moment.


Pensions de retraite : quelles sommes sont imposables ?


La plupart des revenus perçus au titre de la retraite entrent dans la catégorie des pensions imposables. Il s’agit notamment :


  • des pensions de retraite de base et complémentaires versées par les régimes obligatoires (ex : Cnav, Agirc-Arrco, SSI…) ;
  • des retraites publiques (fonctionnaire d’État ou territorial, enseignants) ;
  • des pensions de réversion ;
  • des allocations de préretraite ;
  • de la rente viagère issue de placements spécifiques (ex : PER en sortie rente) ;
  • des retraites issues d’un engagement volontaire de l’employeur (Art. 83, régime supplémentaire d'entreprise) ;
  • des pensions d’invalidité (en partie ou en totalité selon la situation) ;

Certains revenus sont cependant exonérés, comme :

  • l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa, ex-minimum vieillesse) ;
  • l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) ;
  • les pensions militaires d’invalidité et de victimes de guerre ;
  • les rentes accident du travail ou maladie professionnelle ;

À noter également que, contrairement à une pension de retraite classique, le capital perçu lors d’un rachat de points ou d’un déblocage de produits d’épargne peut bénéficier d’une fiscalité différente (prélèvement libératoire, abattement exceptionnel…).


Déclaration fiscale : comment sont pris en compte les revenus de retraite ?


Chaque année, les caisses de retraite déclarent directement aux impôts le montant brut des pensions versées. Ce montant apparaît en case 1AS (ou 1BS pour pension d’un régime public) sur votre déclaration pré-remplie. En cas de correction ou de pension étrangère à déclarer, il est possible d’ajuster le montant à la main.


Avant imposition, un abattement de 10% est appliqué automatiquement sur le montant brut de vos pensions, avec un seuil minimum (442 € en 2024) et un plafond (4 321 € pour un couple, ou 3 924 € pour une personne seule). Cet abattement vise à prendre en compte les dépenses professionnelles qui ne sont plus engagées (transports, repas...)


Seules les sommes nettes d’abattement sont soumises au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Si vous percevez également des salaires, l’abattement de 10% s’applique une seule fois sur la somme de tous les revenus soumis à cette règle.


À quel taux et avec quels prélèvements la retraite est-elle imposée ?


Les pensions de retraite, une fois abattues de 10%, sont ajoutées à vos autres revenus pour déterminer le revenu imposable. Le barème progressif de l’impôt sur le revenu s’applique, avec des tranches variant de 0% à 45%. Par exemple :


  • moins de 11 294 € par part fiscale : 0% ;
  • de 11 295 € à 28 797 € : 11% ;
  • de 28 798 € à 82 341 € : 30% ;
  • de 82 342 € à 177 106 € : 41% ;
  • au-delà : 45%.

En parallèle, la retraite est soumise à un prélèvement à la source, directement effectué par les caisses de retraite. Le taux appliqué est transmis par l’administration fiscale et figure sur votre avis d’imposition. S’il n'est pas connu, un taux "neutre" (plutôt élevé) est appliqué par défaut.


Certaines pensions bénéficient d’une exonération ou d’un taux réduit de CSG, CRDS et contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA), calculés selon le revenu fiscal de référence (RFR). La pension subit donc :


  • la CSG (8,3%, 6,6%, 3,8% ou 0% selon les revenus) ;
  • la CRDS (0,5% ou 0%) ;
  • la CASA (0,3%, possible exonération selon le RFR).

Certains retraités modestes sont totalement exonérés, d’autres paient des taux intermédiaires. Vérifiez la ligne “revenu fiscal de référence” sur votre dernier avis d’imposition pour connaître votre situation.


Exemple concret : calcul de l’impôt sur une retraite


Marie, 68 ans, perçoit une pension de base de 1 100 € par mois et une complémentaire de 750 €. Sur l’année, ses revenus de retraite bruts sont donc de 22 200 € (1 100 + 750 = 1 850 €/mois, soit 22 200 €/an).


  • Application de l’abattement de 10% : 2 220 € ;
  • Revenu net imposable : 19 980 € ;
  • Marie vit seule et ne perçoit pas d’autres revenus.

Après abattement, elle se situe dans la deuxième tranche du barème (11%). L’impôt brut avant éventuels crédits ou réductions d'impôts sera :

  • de 0 à 11 294 € : 0% ;
  • de 11 295 € à 19 980 € : 11% sur la fraction de 8 685 € (soit 955 € d’impôt annuel).

Ce calcul ne prend pas encore en compte les éventuelles décotes, réductions pour faibles revenus ou crédits d'impôt.


Cas particuliers et optimisations : ce qu’il faut savoir


Plusieurs situations spécifiques méritent d’être signalées aux impôts pour être imposées correctement ou bénéficier d’avantages :


  • Majoration pour enfants élevés : la part des pensions correspondant à une majoration (enfants nés ou élevés trois ans avant leurs 16 ans) est imposable, mais peut ouvrir la voie à une demi-part supplémentaire (sous conditions).
  • Pension d’invalidité : certaines rentes sont partiellement voire totalement exonérées selon la nature et le taux d’invalidité reconnus.
  • Retraite de source étrangère : souvent soumise à une convention fiscale bilatérale échappant à l’imposition en France ou ouvrant, au contraire, l’obligation de déclarer en France (demander la fiche pays adaptée au centre des impôts).
  • Pension de réversion : elle suit le même régime fiscal que la pension principale, sauf cas particuliers d’exonération.

En matière d’optimisations, il est parfois intéressant de regrouper certains revenus ou de répartir l’épargne retraite entre capital et rente lors de la liquidation, pour choisir le régime le plus avantageux selon votre fiscalité.


Déclarer et maîtriser sa fiscalité sur la durée


La déclaration en ligne simplifie la vie des retraités : vérifiez systématiquement les montants pré-remplis, surtout si vous touchez des pensions étrangères ou plusieurs caisses. En cas de variation de revenus (travail occasionnel, cumul emploi-retraite, perception d’un capital), ajustez sans tarder votre taux de prélèvement à la source sur impots.gouv.fr.


En cas de difficultés, il existe des dispositifs de paiement échelonné, une décote pour petits impôts, des exonérations spécifiques et des interlocuteurs dédiés (centres d’impôts, assistant social, associations d’aide aux seniors).
Enfin, conservez vos justificatifs de pensions et d’abattement en cas de contrôle.


Conclusion : anticiper, comprendre, optimiser


La fiscalité des pensions de retraite répond à des règles spécifiques mêlant abattements, barème progressif, prélèvement à la source et exonérations selon la situation. Une bonne anticipation permet d’adapter son budget, notamment lors d’un changement de situation ou d’un départ à l’étranger. N’hésitez pas à utiliser les simulateurs publics ou à consulter un conseiller pour profiter pleinement de vos droits et alléger, si possible, votre imposition. Préparer sa retraite, c’est aussi maîtriser sa fiscalité pour vivre plus sereinement cette nouvelle étape de vie.

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